Pourquoi je n’ai pas peur de l’intelligence artificielle en tant que photographe et créative !
L’intelligence artificielle fascine autant qu’elle inquiète. La semaine dernière, s’est tenu le Sommet pour l’action sur l’Intelligence Artificielle à Paris, où experts et décideurs ont débattu des enjeux de cette technologie. Pour ma part, l’IA a soulevé des questions éthiques, réglementaires et sociétales. Son développement rapide pousse à réfléchir sur son impact, notamment dans les domaines de la création artistique et de la photographie.
Pourtant, après quelques recherches et visionnages de reportages et d’interviews de spécialistes dans le domaine, en tant que photographe et créative, je ne vois pas, ou plus, l’IA comme une menace.
L’IA devrait être vu comme un outil puissant certes, mais plutôt comme une extension de notre capacité à innover et à créer. Voici quelques unes de mes réflexions et conclusions sur le sujet.
Une technologie qui est depuis longtemps omniprésente mais discrète
L’IA n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, elle est déjà intégrée et banalisée à notre quotidien sans que nous y prêtions attention : le correcteur orthographique automatique de nos logiciels d’écriture, les suggestions personnalisées sur nos réseaux sociaux, la reconnaissance de code-barres sur les produits en magasin, les assistants vocaux comme Siri, Alexa, Google, les systèmes de navigation GPS intelligents avec Google Maps ou Waze, la reconnaissance faciale, les chatbots, la traduction de Google Translate… et bien d’autres encore ! Nous avons accepté ces avancées « sans résistance » car elles nous facilitent la vie.
Aujourd’hui, avec l’essor du deep learning (réseaux neuronaux artificiels dont l’objectif est de résoudre des tâches complexes) et la multiplication des applications qui génèrent du contenu, l’IA prend une place beaucoup plus visible, en particulier dans les domaines créatifs.
De plus, on en entend parler parfois à outrance, c’est un sujet dont les médias raffolent !! Bouh ça fait peur, profitons-en pour faire de l’audience.
La création reste sensible, donc humaine
L’IA repose sur l’apprentissage à partir d’archives humaines : images, textes, sons. Mais si nous, les humains, arrêtions de créer, que deviendrait-elle ? Son intelligence ne provient que de la somme de nos contributions, non ? L’IA ne peut pas ressentir, elle ne possède pas d’intuition, elle ne capte pas l’essence d’un moment comme le ferait un photographe par exemple.
🗨️ D’ailleurs, j’ai posé cette question à ChatGPT : « Quelle est la meilleure personne pour mettre en avant mon restaurant et mes plats ?«
Sa réponse a été claire : « Pour mettre en avant votre restaurant et vos plats, il est souvent stratégique de combiner les compétences d’un photographe professionnel culinaire et d’un spécialiste en marketing digital qui comprend bien le secteur de la restauration. Un photographe culinaire est essentiel pour capturer l’essence de vos plats et l’ambiance du restaurant. En plus de la photographie, il pourra suggérer des mises en scène et des cadrages pour valoriser chaque assiette. »
Merci ChatGPT d’avoir spécifiquement mentionné « un photographe professionnel ». Certains humains ne voient toujours pas le photographe comme un métier, un professionnel doté d’expériences artistiques et techniques, qui ne consiste pas seulement à appuyer sur un bouton ! 😜
Un changement technologique, pas une disparition de l’emploi
L’IA suscite des craintes, notamment sur son impact sur l’emploi. Historiquement, chaque avancée technologique a automatisé certaines tâches, provoquant des mutations dans le monde du travail. La technologie photographique a connu ces bouleversements avec le passage de l’argentique au numérique, puis avec l’essor des smartphones.
Si certains métiers disparaissent, d’autres naissent. L’important est de savoir utiliser l’IA à notre avantage, comme un assistant qui automatise certaines tâches techniques et nous laisse plus de temps pour la création pure. En photographie, elle peut aider à diminuer le temps passé sur la retouche ou au tri des images. Mais elle ne remplacera jamais le regard unique d’un artiste et ses connaissances en cadrage, luminosité, sa sensibilité artistique. Elle ne remplacera pas non plus la qualité réalistique d’une photographie, ni elle ne pourra créer un reportage photo sur l’instant.

L’IA, un outil qui reflète la société dans laquelle elle a été créée
Un des débats majeurs autour de l’IA est son objectivité ou de sa neutralité. On peut constater qu’elle reflète les biais de notre société, dont quelques clichés. Par exemple, demandez-lui d’imaginer un médecin, elle vous montrera majoritairement un homme. Elle reproduit ce qu’elle a appris sans remise en question. IA, serais-tu un peu narcissique ? 😁
Les aspects positifs de l’IA
Malgré les craintes qu’elle suscite, l’IA a des applications plutôt formidables. En médecine, elle facilite le diagnostic. Dans l’imagerie médicale, elle détecte précocement des maladies graves. Elle est utilisée pour développer des dispositifs d’assistance aux personnes handicapées ou des appareils de lecture pour les malvoyants.
Elle intervient dans les prédiction des catastrophes naturelles ou la surveillance. Elle contribue à la réduction des inégalités dans l’éducation.
Dans la photographie, techniquement elle améliore les capacités des capteurs numériques. Bon, ils sont déjà ultra performants et à mon sens il n’y a pas d’enjeux d’amélioration vitale !
Utilisée de manière éthique et responsable, l’IA c’est plutôt pas mal ! Elle a un immense potentiel pour améliorer le quotidien, sauver des vies, ou résoudre des problèmes.
Pour conclure
L’IA n’est ni un ennemi ni une menace pour la création artistique, comme tout outil, bien utilisé, elle peut enrichir notre travail.
Si vous vous posez la question de si j’ai utiliser l’IA pour rédiger cette article, la réponse est oui. Un peu comme sur Google, je l’ai utilisé pour faire mes recherches.
La véritable question n’est pas de savoir si elle va remplacer les artistes, mais comment nous allons l’intégrer à notre processus créatif pour nous pousser à aller encore plus loin. C’est un nouveau genre de créativité qui se dessine, un tremplin à l’imagination.
À nous de continuer à valoriser ce que seul un humain peut : le savoir-faire, la sensibilité et les émotions, l’innovation, l’éthique et la morale, les connexions et relations humaines, l’attention et l’empathie.
Ce sujet vous intéresse, on en discute ?

Crédits photo image à la une : ©️Kaoko16